Micro-credit
Le micro-crédit s’adresse à des familles pauvres qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires mais qui veulent démarrer ou développer une activité rémunératrice.
Le principe consiste à prêter, dans des conditions proches du système bancaire traditionnel, une somme d’argent réduite au porteur d’un projet générateur de revenu, appelé micro-entrepreneur.
Parce que les bénéficiaires du micro-crédit n’offrent pas de garantie, le succès du programme repose avant tout sur la sélection des emprunteurs. C’est ainsi que seuls les candidats sérieux, qui présentent un projet viable, se voient octroyer un prêt.
Le coordinateur du programme est cependant à l’écoute des candidats et les aide, le cas échéant, à mettre au point leur projet : l’effet recherché reste la dynamisation de l’entreprenariat, donc de l’emploi au sein du bidonville, ainsi que son développement économique.
Les prêts octroyés sont échelonnés entre 1000 et 10000 roupies, soit 20 à 200 €. Un taux d’intérêt mensuel de 2% permet de couvrir les dépenses du programme. Bien que plus élevé que le taux pratiqué par une banque, cela reste très inférieur aux taux prohibitifs (jusqu’à 20% hebdomadaire) couramment appliqués par les usuriers.
Le micro-crédit est à ce jour un des moyens les plus efficaces à long terme de lutte contre la pauvreté, en particulier s’il s’accompagne d’actions d’éducation et de formation. Pour les diplômés des cours de formation professionnelle, le programme est en effet un moyen idéal de se lancer à leur propre compte : un véritable tremplin vers l’autonomie.
Deux exemples concrets :
Mahalakshmi possède une épicerie dans le bidonville. Ayant perdu la totalité de son stock lors du tsunami de Décembre 2004, elle a dû interrompre son activité, se trouvant ainsi sans source de revenus. Grâce un micro-prêt de 10000 roupies, elle a pu renouveler son stock et redémarrer son commerce, qui est aujourd’hui florissant.
Thanikavel, lui, a demandé et obtenu un prêt à 5000 roupies. Ce tailleur de quarante ans voyait avec inquiétude arriver la période souvent très profitable de la rentrée des classes : faute d’une mise de départ lui permettant d’acheter ses tissus, il savait qu’il ne pourrait pas honorer les nombreuses commandes d’uniformes scolaires qui vont de pair avec cette époque de l’année. Le micro-prêt lui a donc permis de se constituer un stock, et par la suite d’accroître son revenu de façon significative.